Communiqués de presse

01. février 2021

Production d’électricité nucléaire 2020: une fiabilité élevée même en période de pandémie

En 2020, les quatre réacteurs suisses ont produit 23,119 térawattheures (TWh) nets d’électricité. C’est un peu moins que l’année précédente (25,373 TWh) mais plus que ce qui était attendu au regard de l’arrêt du fonctionnement de puissance de la centrale nucléaire de Mühleberg, fin 2019. Les centrales nucléaires ont ainsi à nouveau fourni un tiers du courant indigène. En 2020, année marquée par la pandémie, elles ont contribué de manière décisive à la fiabilité de notre approvisionnement électrique respectueux du climat.

En 2020, les centrales nucléaires suisses ont généré 23'119'157 MWh nets d’électricité (année précédente: 25'372'927 MWh). Ce chiffre tient compte des 102'654 MWh que les centrales nucléaires de Beznau 1 et 2 (19'928 MWh) et de Gösgen (82'726 MWh) ont injectés sous la forme de chauffage urbain à destination des bâtiments d’habitation et des entreprises de la région. Toutes les installations ont enregistré une production supérieure à celle de l’année précédente, ce qui a permis de compenser en partie la production de la centrale nucléaire de Mühleberg désormais à l'arrêt.

Une sécurité garantie aussi en période de pandémie

L’exploitation des centrales nucléaires s’est déroulée sans encombre malgré les conditions restrictives mises en place en raison de la pandémie. Cela a été rendu possible grâce au bon état des installations et à la mise en œuvre réussie des concepts de pandémie prévoyants. Ces concepts comprenaient des mesures exceptionnellement rigoureuses et prudentes destinées à empêcher la propagation du coronavirus et à protéger le personnel sur place ainsi que le personnel extérieur: contrôles plus strictes à l’entrée, respect des règles d’hygiène et de distanciation, bilans de santé, quarantaine en cas de suspicion, équipes en nombre plus restreint, télétravail. La production d'électricité a été maintenue à un haut niveau, comme l’atteste la disponibilité des installations de 90,9 pour cent. Cela est essentiel non seulement pour l’économie mais aussi, et surtout, pour le secteur de la santé et la population en télétravail. Au début de la pandémie, l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) a ainsi estimé, à juste titre, que les centrales nucléaires étaient importantes d’un point de vue systématique. Le nombre d’évènements soumis à notification s’est établi à 17 au cours de l’année 2020, un chiffre en baisse (année précédente: 30 évènements, avec la centrale de Mühleberg).

Une production solide

Centrale nucléaire de Beznau. Les deux réacteurs de Beznau ont produit au total 5,72 TWh nets d’électricité (année précédente: 5,66 TWh). La révision de la tranche 1 et le remplacement du combustible de la tranche 2 ont été effectués conformément au calendrier. La révision annuelle comportait surtout des travaux de maintenance ainsi que des contrôles périodiques et des inspections. Par ailleurs, 20 assemblages combustibles sur 121 ont été remplacés sur chaque installation.

Centrale nucléaire de Gösgen. L'installation a produit 8,33 TWh nets d’électricité (2019: 7,82 TWh). Au cours de la révision, 36 des 177 assemblages combustibles ont été remplacés et des contrôles périodiques ainsi que des travaux de maintenance ont été effectués sur les systèmes et sous-ensembles structuraux, mécaniques, électrotechniques et électroniques de contrôle-commande. À cela se sont ajoutés des inspections internes sur les deux réservoirs d’injection dans le bâtiment réacteur, le remplacement des joints d’étanchéité ainsi que la révision des courants de surcharge de deux générateurs de vapeur.

Centrale nucléaire de Leibstadt. L'installation a produit 9,09 TWh nets d’électricité (2019: 8,82 TWh). En raison de la pandémie, la révision annuelle a été raccourcie à six semaines et le remplacement du condenseur, prévu initialement pour 2020, a été reporté à 2021. Les travaux de révision ont porté essentiellement sur le remplacement de 136 assemblages combustibles sur 648, ainsi que sur les travaux d’inspection et de maintenance. La KKL a réalisé d'importantes étapes de modernisation à la fois sur le contrôle-commande (système d'eau d'alimentation et système du condensat principal, et sur d’autres systèmes des préchauffeurs) et sur le système des barres de commande, de commande et d'information.

Un employeur attractif

À la fin de l’année 2020, les centrales nucléaires suisses employaient 1578 collaborateurs, ce qui correspondait à 1537 emplois à temps plein. Parmi eux, 44 étaient des jeunes qui suivaient une formation pour devenir notamment automaticien, électronicien, polymécanicien, commercial, informaticien et laborantin.

La pandémie a fortement impacté les visites des installations. Les centres de visiteurs sont restés fermés une bonne partie de l’année. Il n’est ainsi pas pertinent d’indiquer le nombre de personnes ayant visité les installations en 2020.


Chiffres de production des centrales nucléaires suisses 2020 en détail:

 

MWh bruts

MWh nets

Disponibilité en %

 

2020

2019

2020

2019

2020

2019

Beznau 1

2'902'566

2'974'710

2'764'365

2'834'205

87.2

89,6

Beznau 2

3'079'518

2'946'376

2'932'057

2'805'755

93.1

88,9

Gösgen

8'770'354

8'240'707

8'332'289

7'820'213

95.2

89,4

Leibstadt

9'489'039

9ʹ256ʹ478

9'090'446

8'819'578

88.0

89,1

Total CH

24'241'477

26'62'6861

23'119'157

25'372'927

90.9

90,8

Pour de plus amples renseignements: Communication swissnuclear, tél. 062 205 20 10, medien@swissnuclear.ch.

04. décembre 2020

Augmentation injustifiée des coûts de la désaffectation et de la gestion des déchets

Le 2 décembre 2020, la commission administrative du fonds de désaffectation et du fonds de gestion Stenfo a examiné et redéfini les coûts de la désaffectation et de la gestion des déchets sur la base de l’étude de coûts 2016. Avec cette décision, l’estimation des coûts augmente de manière injustifiée.

Le 2 décembre, la commission administrative du fonds de désaffectation et du fonds de gestion (CA Stenfo) a fixé les coûts de la désaffectation et de la gestion des déchets à 23,856 milliards de francs, en se basant sur l’étude de coûts 2016. La CA Stenfo revoit ainsi à la hausse sa propre estimation du 7 décembre 2017 de 372 millions de francs.

Les coûts de la désaffectation et de la gestion des déchets sont utilisés comme base pour le calcul des contributions annuelles des exploitants dans les fonds pour les années 2017 à 2021. La CA Stenfo émettra les décisions relatives au montant de ces contributions dans les semaines à venir. Celles-ci remplaceront les décisions provisoires de 2018.

Une charge superflue pour les exploitants des centrales nucléaires

Les exploitants des installations nucléaires prennent acte de la décision de la CA Stenfo du 2 décembre. Ils soumettront les décisions concernant les contributions 2017-2021 à un examen détaillé et se réservent le droit de prendre des mesures juridiques.

Cette décision de la CA Stenfo signifie que les coussins de sécurité - déjà très vastes avec l’étude de coûts 2016 - seront encore élargis sans aucune base factuelle. Cela entrainera une augmentation des coûts totaux et, par-là, des montants qui doivent être placés dans les fonds. En soi, les coûts effectifs de la désaffectation et de la gestion des déchets (coûts de base) n’ont pas augmenté du tout. Mais les exploitants sont désormais contraints de financer en amont le scénario «dépôts séparés sur deux sites différents» (pour des déchets faiblement et moyennement radioactifs) par le biais des fonds, alors même que la variante de «dépôt combiné» (deux dépôts sur le même site) est beaucoup plus probable.

De la même manière, la CA Stenfo a traité la chance du démantèlement des centrales nucléaires jusqu’à la «prairie brune» (celles-ci ne relèvent plus de la loi sur l'énergie nucléaire et le site est reclassé en vue d'une utilisation industrielle), bien qu’aucune base légale ne demande un tel démantèlement complet de toutes les structures de bâtiment, y compris de leurs fondations («prairie verte»).

Le dépôt combiné est plus pertinent et plus probable

Dans l’étude de coûts, la CA Stenfo a attribué désormais de manière arbitraire au scénario «dépôt combiné» une chance de seulement 20 pour cent, soit 20 pour cent de moins qu’auparavant. Elle ne tient donc pas compte des études géologiques avancées réalisées par la Nagra, qui ont montré récemment que l'épaisseur de la couche d'argile à Opalinus sur les trois sites possibles suffisait pour mettre en œuvre la solution du «dépôt combiné». Ainsi, la variante «dépôt combiné» est devenue beaucoup plus probable – à plus de 50% – que lors de la dernière évaluation de décembre 2017. En aucun cas cette probabilité a diminué jusqu’à 20%, ce qu’estime la CA Stenfo. L’état des connaissances actuel plaide en faveur de la réalisation de deux dépôts sur un seul site. Par ailleurs, l'achèvement de l’étape 2 du plan sectoriel «Dépôt en couches géologiques profondes» fin 2018 avec lequel le Conseil fédéral a déterminé que les dépôts seront construits dans l'argile à Opalinus, ne rendent plus du tout pertinente la construction des dépôts sur deux sites séparés.

Des surépargnes contre-productives

Conformément aux nouvelles décisions prévisibles de la CA Stenfo, les exploitants sont tenus de verser dans les fonds des contributions sensiblement élevées – autant de moyens précieux qui auraient pu être utilisés pour la transformation de l'économie énergétique suisse dans le cadre de la Stratégie énergétique 2050. Et cet effet est encore renforcé par l’interdiction actuelle de rembourser les montants excédentaires présents dans les fonds. En aucun cas, le fait de constituer des réserves sur la base de suppositions injustifiées et d’une conception trop prudente de la sécurité ne représentent un atout quelconque pour la société.

Un financement fiable et sûr

Les exploitants satisfont avec fiabilité, depuis des décennies, leurs obligations légales en lien avec le financement de la désaffectation et de la gestion des déchets. Indépendamment de tout financement préalable par le biais des fonds, ils sont tenus de financer la totalité des coûts liés à la désaffectation et à la gestion des déchets. Cela relève de leur responsabilité entière. Par ailleurs, les études de coûts sur cinq ans et la cascade de prise en charge générale des coûts constituent des garde-fous supplémentaires.

Malgré la pandémie de coronavirus, les fonds de désaffectation et de gestion maintiennent leur cap. Depuis leur création, leur performance moyenne est sensiblement au-dessus des valeurs prescrites.

 

Pour de plus amples renseignements: Communication swissnuclear, tél. 062 205 20 10, medien@swissnuclear.ch.

26. novembre 2020

Le plus grand risque est la pénurie d’électricité

Le rapport sur les risques 2020 de l’Office fédéral de la protection de la population (OFPP) est paru aujourd’hui. Comme dans le rapport de 2015, il identifie explicitement le risque d'une pénurie d’électricité de longue durée en hiver comme le principal risque pour la Suisse. Cela souligne l’importance fondamentale de la sécurité de l’approvisionnement électrique pour le fonctionnement du pays. Utiliser et conserver l’ensemble des sources d’électricité indigènes est essentiel. Cela concerne aussi l’énergie nucléaire, qui fournit un tiers du courant suisse respectueux du climat.

L’analyse nationale des risques "Catastrophes et situations d’urgence en Suisse" de l’Office fédéral de la protection de la population (OFPP) a été publié le 26 novembre. Il analyse la probabilité d’occurrence de 44 dangers concernant la protection de la population, et l'ampleur possible des dommages.

Comme dans le rapport de 2015, le principal risque identifié est celui d’une pénurie grave d’électricité de 30% de l’approvisionnement électrique durant plusieurs mois en hiver. Les conséquences économiques de ce scénario sont même considérées comme plus importantes qu’en 2015, tandis que les dommages aux personnes attendus ont, eux, sensiblement diminué. On estime le dommage total à environ 180 milliards de francs. La fréquence d’occurrence d’un tel évènement est en hausse par rapport à 2015. Elle est estimée à une fois tous les 30 à 50 ans, une fréquence préoccupante.

La sécurité de l’approvisionnement électrique est fondamentale
Le fait que la pénurie d’électricité représente le principal risque est compréhensible. Une panne d’électricité plongerait le pays dans une crise grave avec des conséquences énormes pour l'économie et la société. Une importance plus grande doit donc être accordée à la sécurité de notre approvisionnement électrique. L'infrastructure actuelle, composée à plus de 90 pour cent d’hydraulique et de nucléaire, doit être conservée parallèlement à la réalisation d’autres modes de production d’électricité respectueux du climat. Cette mission majeure nécessite le soutien plein et entier de la politique.

Les centrales nucléaires existantes sont indispensables
Les centrales nucléaires suisses fournissent en moyenne un tiers du courant suisse, et même jusqu’à la moitié en hiver, quel que soit le temps, l’heure de la journée et la saison. L’électricité qu’elles produisent est essentielle notamment en hiver, car elle est non seulement fiable mais aussi respectueuse du climat. L’exploitation à long terme des centrales nucléaires suisses contribue ainsi de manière décisive à réduire la dépendance de la Suisse vis-à-vis des importations. Grâce à une production indigène élevée, l'énergie nucléaire est un pilier central de la sécurité de notre approvisionnement, au même titre que la force hydraulique. Si nous voulons pouvoir garantir un approvisionnement électrique stable et abordable, nous devons continuer à utiliser l’ensemble des sources d’électricité respectueuses du climat.

Pour de plus amples renseignements:
Communication swissnuclear, tél. 062 205 20 10, medien@swissnuclear.ch.

06. novembre 2020

Journée de la recherche swissnuclear: La recherche nucléaire suisse reste à la pointe

La Journée de la recherche swissnuclear s’est déroulée le 5 novembre – pandémie oblige, de manière virtuelle et avec un nombre réduit de chercheurs et de projets de recherche. Les travaux présentés témoignent du très haut niveau de la recherche nucléaire suisse au plan international. Ils fournissent des informations précieuses pour continuer à optimiser l’exploitation sûre des centrales nucléaires, l’exploitation à long terme, la gestion du vieillissement, ainsi que la gestion sûre des déchets radioactifs.

Les deux écoles polytechniques fédérales de Lausanne et de Zurich proposent des filières de génie nucléaire. Et le centre dédié à la recherche nucléaire suisse se trouve à l’Institut Paul-Scherrer, à Villigen (AG). Le domaine de recherche Énergie nucléaire et sûreté (NES) comprend sept laboratoires de recherche, qui emploient quelque 230 scientifiques et techniciens hautement spécialisés, dont 50 doctorants et 30 post-doctorants. S’ajoutent 50 collaborateurs du domaine Radioprotection et démantèlement. Les exploitants des centrales nucléaires suisses soutiennent depuis toujours les activités de recherche menées au sein de ces laboratoires.

Une sélection de travaux est présentée à l’occasion de la Journée de la recherche swissnuclear. Cet évènement, proposé à la branche, aux hautes écoles, à l’économie et au public intéressé, est aussi l’occasion d'échanger. Il avait été organisé initialement au printemps dernier à la centrale nucléaire de Leibstadt, mais avait dû être repoussé en raison de la pandémie de Corona. La première partie s’est déroulée le 5 novembre, de manière virtuelle.

La conservation des compétences dans le domaine nucléaire est essentielle à la sécurité

Les travaux de recherche nucléaire menés au PSI portent avant tout sur l’exploitation sûre des réacteurs à eau légère suisses, sur les matériaux, sur la gestion du vieillissement, et sur la sécurité à long terme dans le cadre du stockage géologique profond.

Le responsable du domaine de recherche, Andreas Pautz, a souligné l’importance de ces activités pour les centrales nucléaires suisses:

«La plupart des projets de recherche présentés à l’occasion de la Journée de la recherche ont un lien avec la sécurité nucléaire, que cela soit dans le cadre du fonctionnement normal des centrales nucléaires, en dans des scénarios d’accident, ou en matière de stockage en couches géologiques profondes. Les infrastructures scientifiques uniques du PSI, telles que les cellules chaudes et les bancs d’essai thermohydrauliques, revêtent une importance majeure. Chaque projet contribue à la formation de scientifiques hautement qualifiés. Et à l’inverse, le travail de ces derniers est primordial pour maintenir des standards de sécurité élevés au sein des installations. Les projets de recherche sont donc essentiels pour conserver les compétences et encourager la relève.»

Lors de la journée du 5 novembre, le Laboratoire de physique des Réacteurs et de Thermohydraulique et le Laboratoire chargé de la gestion des déchets ont été présentés, ainsi que six de leurs projets. C'était le cas notamment d’un modèle de calcul précis du dégagement de chaleur du combustible nucléaire usé. Cette valeur est importante pour pouvoir garantir le confinement sûr du combustible dans un dépôt profond. Des activités de recherche du PSI portant sur des gaines de combustible avancées ont également été présentées. Celles-ci doivent offrir une meilleure protection contre la libération de radioactivité en cas de scénarios d'accident. Dans les deux domaines, le PSI mène des travaux expérimentaux et procède également à des simulations par ordinateur.

La recherche nucléaire suisse reste dans la course au niveau international

La recherche nucléaire suisse reste à la pointe de la recherche nucléaire internationale. Une grande partie des travaux de recherche s’inscrivent dans le cadre de projets internationaux et reposent sur des collaborations multi- ou binationales, notamment au sein du programme de recherche européen (EURATOM), avec les États-membres de l’Agence pour l’énergie nucléaire de l’OCDE, et au sein de programmes de recherche coordonnés de l'Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Ainsi, dans le cadre d’EURATOM, le PSI mène des travaux sur les caractéristiques de sécurité et la durabilité des réacteurs avancés, par exemple sur des petits réacteurs modulaires (SMR), et sur l’optimisation et la fermeture du cycle du combustible.

L’énergie nucléaire est désormais reconnue en tant que source d'énergie respectueuse du climat, et à ce titre en tant que partie de la solution aux changements climatiques. C’est une des raisons pour lesquelles la technique nucléaire continue à fasciner et à motiver les chercheurs, toutes générations confondues. Alexander Wolfertz, doctorant, a ajouté à ce sujet: «Ce qui me fascine le plus dans le travail scientifique dans le domaine nucléaire, ce sont les problématiques complexes à la fois sur le plan scientifiques et technique. Les conditions souvent très exigeantes, telles que la radioactivité et la pression élevées, nécessitent parfois des solutions innovantes même pour répondre à des problèmes du quotidien.»

Les dates de la deuxième et de la troisième partie de la Journée de la recherche swissnuclear seront communiquées sur le site internet de swissnuclear.

Pour de plus amples renseignements: Communication swissnuclear, tél. 062 205 20 10, medien@swissnuclear.ch.

12. octobre 2020

L’exploitation à long terme des centrales nucléaires, facteur clé de la Stratégie énergétique 2050

Si la Suisse veut continuer à être approvisionnée, de manière suffisante, en une électricité respectueuse du climat, elle devra continuer à compter avec les centrales nucléaires durant encore quelques décennies. Le développement des énergies renouvelables et des systèmes de stockage associés prendra encore de nombreuses années. D’ici là, les centrales nucléaires resteront un pilier majeur de la Stratégie énergétique 2050. Elles continueront encore longtemps à fournir une part importante de l’électricité en hiver. Et elles sont parfaitement équipées pour cela. Leur sécurité n’a jamais été aussi élevée qu’aujourd’hui.

Conformément à la loi et à la volonté du peuple, en Suisse, les centrales nucléaires actuelles peuvent continuer à fonctionner aussi longtemps qu’elles sont sûres. Trois des quatre réacteurs sont déjà en exploitation à long terme. Autrement dit: ils sont connectés au réseau depuis plus de 40 ans. La prise de position de swissnuclear explique ce que désigne l’exploitation à long terme.

L’exploitation à long terme est déjà une réalité
Les centrales nucléaires suisses peuvent sans problème fonctionner même au-delà de 50 ans. L’exploitation à long terme est sûre sur le plan technique grâce à des travaux de maintenance, de rééquipement et de modernisation permanents, et les installations satisfont les standards de sécurité les plus élevés. D’une part, les exploitants rendent possible l’exploitation à long terme grâce à une gestion du vieillissement prudente. D'autre part, celle-ci est soutenue par l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN), qui formule de manière continue des exigences réglementaires correspondantes et contrôle régulièrement la sécurité des centrales nucléaires.

Un facteur de réussite majeur pour la Stratégie énergétique 2050
Pour conserver un approvisionnement sûr en une énergie respectueuse du climat, la Suisse aura encore besoin des centrales nucléaires sur le moyen terme. Celles-ci sont un facteur de réussite essentiel pour la mise en œuvre des objectifs de la politique énergétique et climatique suisse. Les énergies renouvelables, volatiles, ne pourront remplacer l’énergie nucléaire, fiable, tant qu’aucune solution abordable et écologique pour le stockage saisonnier ne sera disponible. Ainsi, l’exploitation à long terme contribue à réduire la dépendance, périlleuse, de la Suisse vis-à-vis des importations.

Le Conseil fédéral vise la neutralité carbone à l’horizon 2050. Or cette décarbonation impose des quantités importantes d’électricité supplémentaires par rapport à aujourd’hui. Et chaque kilowattheure d'électricité propre compte. L'énergie nucléaire doit être conservée le plus longtemps possible. L’exploitation à long terme des centrales nucléaires suisses est indissociable des objectifs climatiques et énergétiques de la Suisse.

Pour de plus amples renseignements et des entretiens d’information : Communication swissnuclear, tél. 062 205 20 10, medien@swissnuclear.ch.

06. octobre 2020

Plan sectoriel «Dépôts en couches géologiques profondes» Le dépôt combiné est la solution la plus pertinente

Les déchets faiblement et moyennement radioactifs, mais aussi hautement radioactifs, produits par les centrales nucléaires, la médecine, l’industrie et la recherche peuvent être stockés de manière sûre soit dans deux dépôts séparés soit dans un dépôt combiné – à condition que les exigences de sûreté soient respectées. Après avoir comparé les deux options, un nouveau rapport de la Nagra conclut que le dépôt combiné est le plus pertinent aux plans écologique et économique. swissnuclear soutient donc la construction d'un tel dépôt.

Début octobre, la Nagra a publié le rapport de travail NAB 19-15. Dans celui-ci, elle procède à une comparaison, indépendante du site, entre un dépôt combiné et deux dépôts séparés en termes de procédures de construction et d’exploitation et d’impact environnemental. Le bilan est sans appel: Grâce à l’utilisation commune des aménagements, des systèmes de sécurité, de l’infrastructure d'approvisionnement et des bâtiments d’accès, le dépôt combiné induit un encombrement, un volume de construction ainsi que des quantités de roche excavée moins importants. Par ailleurs, il consommera globalement moins d’énergie et de ressources que deux dépôts séparés. Ainsi, pour des considérations d’ordre écologique, le dépôt combiné semble plus pertinent que deux dépôts séparés sur deux sites différents.

Le dépôt combiné, la solution la plus avantageuse sur le plan de l’exploitation
Les motifs d’exploitation plaident, eux-aussi, en faveur du dépôt combiné. En effet, le personnel d’exploitation pourra déjà acquérir de l’expérience et du savoir-faire lors de l’exploitation du dépôt destiné aux déchets faiblement et moyennement radioactifs. Ainsi, lorsque le dépôt destiné aux déchets hautement radioactifs sera opérationnel, il pourra intervenir de manière encore plus professionnelle, efficace et flexible. Par ailleurs, des synergies pourront être exploitées lors de l’étude géologique du sol pour les deux types de dépôts.

Les résultats du rapport de la Nagra étayent l’évaluation des exploitants nucléaires. Ils montrent en effet que le dépôt combiné constitue la solution qui permettra de préserver le mieux l’environnement et les ressources. Par ailleurs, un tel dépôt peut également être construit de manière sûre sur n’importe quel site. Tous offrent la place requise, comme l’a déjà démontré la Nagra.

La balle est dans le camp des responsables de la gestion des déchets
Conformément à la Conception générale du plan sectoriel «Dépôts en couches géologiques profondes» (OFEN, 2008), une fois la sécurité garantie, les aspects liés à l’aménagement du territoire, à l’écologie, à l’économie et à la société peuvent être pris en considération. Si un dépôt combiné ne représente aucun inconvénient au plan de la sécurité – le rapport de la Nagra mentionne même plutôt des avantages – d’après l’IFSN (2018), il revient aux responsables de la gestion des déchets d’intégrer d'autres aspects dans leur analyse pondérée et leur appréciation globale. Enfin, le fait que le dépôt combiné soit plus abordable que deux dépôts séparés sera profitable à la fois aux exploitants et à la Confédération

 

Pour de plus amples renseignements: Communication swissnuclear, tél. 062 205 20 10, medien@swissnuclear.ch.

24. mars 2020

Pandémie de Covid-19: L’exploitation sûre des centrales nucléaires reste assurée

Les centrales nucléaires font partie des infrastructures critiques d’importance nationale. Elles sont un pilier de l’approvisionnement électrique suisse et revêtent donc une importance fondamentale pour la population et l’économie. Les exploitants assurent le fonctionnement sûr des installations même dans la situation actuelle. C’est ce qu’a réaffirmé l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN).

Dans le cadre de la crise que nous connaissons actuellement, il est essentiel que l'électricité soit disponible à tout moment et en quantité suffisante, et que les centrales nucléaires elles-aussi continuent à apporter leur contribution sans faille à la sécurité d'approvisionnement. Les exploitants nucléaires ont pleinement conscience de cette responsabilité. Et les centrales nucléaires suisses sont bien préparées pour faire face à ce type de situation. Des concepts d’exploitation spécifiques et des plans de mesures en cas de pandémie avaient déjà été définis dans le Plan suisse de pandémie Influenza de l’OFSP, dans la première édition en date de juin 2008.

Les exploitants nucléaires ont observé avec beaucoup d'attention, depuis le début du mois de février 2020, la propagation du nouveau coronavirus, et ont pris très tôt des mesures strictes. Celles-ci visent avant tout à maintenir l’exploitation sûre des centrales nucléaires en dépit de la situation actuelle (art. 5 de la loi sur l’énergie nucléaire, relatif aux mesures de protection, à la mise en place d’une organisation appropriée et à la sécurité des installations), en protégeant la santé des collaborateurs et notamment en empêchant l’accumulation des cas de la maladie. Le nombre minimum de personnes agréées, tel que le personnel travaillant en équipes ou encore le personne de quart, est réglementé légalement. Les quelques cas de la maladie recensés dans les centrales de Gösgen et de Leibstadt n’ont aucun impact sur la sécurité de l’exploitation.

Des plans de mesures larges

Les recommandations émises pas l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les prescriptions du Conseil fédéral sont respectées. Ainsi, les collaborateurs ont été sensibilisés à leur responsabilité individuelle: respect des mesures d’hygiène requises, distanciation sociale, ou encore signalisation en cas de suspicion de la maladie. En outre, les concepts de conduite de l’exploitation et les instructions spécifiques aux centrales nucléaires, élaborés pour les cas de pandémie, s’appliquent.

Les personnes dont la présence n’est pas indispensable sur place ou dont les tâches peuvent être accomplies depuis n’importe quel endroit doivent travailler depuis chez elles. Les déplacements professionnels sont interdits. Au sein des services spécialisés importants, les équipes sont présentes à tour de rôle (télétravail / bureau) afin de diminuer le risque de propagation du virus. Les règles d’accès ont été renforcées: les collaborateurs externes ne sont autorisés à pénétrer au sein de l’installation que pour les activités essentielles à l’exploitation.

Reconnaissance par la Confédération et réaffirmation de l’IFSN

La Confédération reconnaît l’importance des centrales nucléaires en tant qu’infrastructures critiques pour le maintien de l’approvisionnement électrique suisse. Elle soutient en particulier le fait que le personnel étranger dont la fonction est essentielle au bon fonctionnement des installations puisse continuer à travailler pour l’industrie nucléaire suisse. De son côté, l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) a réaffirmé le fait que les installations nucléaires suisses continuent à fonctionner de manière sûre en dépit de la crise actuelle. Les exploitants ont pris les précautions requises et l’IFSN continue à réaliser l’ensemble des inspections nécessaires.

Pour de plus amples renseignements: Communication swissnuclear, tél. 062 205 20 18, 079 129 52 27; medien@swissnuclear.ch.

10. février 2020

Production d’électricité nucléaire 2019: Les centrales nucléaires fournissent plus d’un tiers de l’électricité suisse

En 2019, les cinq réacteurs nucléaires suisses ont produit 25,373 térawattheures (TWh) nets d’électricité, soit légèrement plus que l’année précédente (24,492 TWh). La disponibilité des installations s’est établie autour de 90 pour cent, ce qui est élevé en comparaison internationale. Les centrales nucléaires suisses ont ainsi fourni plus d’un tiers de la production d’électricité indigène au cours de l’année passée. Les quatre réacteurs encore en exploitation après la mise à l’arrêt définitif de la centrale de Mühleberg continuent à apporter une contribution précieuse à notre approvisionnement électrique, sûr et respectueux du climat.

En 2019, année d’exploitation globalement calme, la production nucléaire s’est maintenue à un haut niveau. Conformément aux attentes, sa moyenne annuelle s’est établie à 25 TWh. Au total, en 2019, les centrales nucléaires suisses ont produit 25'372'927 MWh nets d'électricité (2018: 24'492'183 MWh). Ce chiffre tient compte également des 98'605 MWh que les tranches nucléaires de Beznau 1 et 2 (21'461 MWh) et de Gösgen (77'142 MWh) ont injectés sous la forme de chauffage urbain à destination des bâtiments d’habitation et des entreprises de la région.

La tranche 1 de la centrale nucléaire de Beznau a soufflé ses 50 bougies en 2019, et a conservé la même fiabilité que les années précédentes. Les réacteurs 1 et 2 ont fourni à eux deux 5,92 TWh d’électricité. Conformément à ce qui était prévu, ils ont tous les deux été déconnectés du réseau durant 40 jours dans le cadre du renouvellement du combustible et des travaux de révision. Un arrêt automatique d’urgence a été déclenché sur la tranche 1 en raison d’un dysfonctionnement dans la sous-station de Beznau. Et dans le cadre du même évènement, la puissance de la tranche 2 a été réduite pour autoconsommation. Durant l'été, la puissance de la centrale de Beznau a également été réduite pendant plusieurs jours en raison d’une décision transitoire de l’Office fédéral de l'énergie (OFEN) qui rendait obligatoire la limite de température fixée pour les cours d’eau. Par ailleurs, l’exercice général d’urgence 2019 a montré que la centrale nucléaire de Beznau était parfaitement équipée pour faire face à toutes les situations.

En 2019, la centrale nucléaire de Gösgen a elle aussi célébré son anniversaire (40 ans). Elle a produit au cours de cette année 7,82 TWh d'électricité. A l’exception des trois semaines de révision et de deux interruptions de fonctionnement, l’installation a fonctionné à pleine puissance. En février 2019, elle a été arrêtée durant deux jours suite à une fuite d’eau d'alimentation sur une conduite de mesure. Du 26 juillet au 11 août, elle a également cessé de fonctionner en raison d'un arrêt d’urgence des turbines suite un court-circuit dans l’installation électrique.

La centrale nucléaire de Leibstadt a pu à nouveau fonctionner à pleine puissance à compter de juillet 2019, ce qui lui a permis d’augmenter sa production de 13% par rapport à l’année précédente, pour atteindre 8,82 TWh. Avant cela, l’installation a produit de l’électricité de manière limitée sur décision des autorités en raison des découvertes faites en 2016 sur certains crayons combustibles.

La centrale nucléaire de Mühleberg a quant à elle achevé sa dernière année d’exploitation sans qu’il ne soit procédé à aucun changement de combustible, et par là à aucun arrêt de l’installation, et a affiché une production élevée de 3,2 TWh d'électricité en 2019. Par ailleurs, l’installation s’est une nouvelle fois distinguée par une exploitation sûre et fiable, comme les 47 années précédentes.

Quasiment aucun incident important du point de vue de la sécurité

L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) a attesté que les centrales nucléaires suisses avaient fonctionné de manière sûre en 2019. Le nombre d’évènements devant obligatoirement être notifiés se situait également dans la fourchette des années précédentes. Sur les 30 évènements soumis à notification survenus en 2019 dans les centrales nucléaires suisses (2018: 34 évènements), 28 ont été classés au niveau 0 sur l’échelle internationale des évènements nucléaires et radiologiques INES. Un évènement concernait la centrale nucléaire de Gösgen et été classé par l’IFSN au niveau INES-1 (anomalie ayant une incidence réduite sur la défense échelonnée en profondeur), et un autre, dont l’évaluation est toujours en cours, concernait l’installation de Leibstadt. La protection radiologique du personnel et de la population a par ailleurs été garantie à tout moment. Comme les années précédentes, les rejets de substances radioactives dans les eaux usées et l’air se situaient nettement en dessous des valeurs limites, et ce pour l’ensemble des installations.

Des investissements considérables et une mise hors service

Durant les révisions annuelles, outre le remplacement du combustible et les contrôles généraux, des travaux de maintenance sur différents composants ont dû être effectués. Des investissements ont aussi été réalisés dans le rééquipement et la sécurité des installations:

  • Leibstadt: Les investissements ont concerné notamment des travaux de modernisation sur l’installation, des mesures de conservation ainsi que la sécurité. L’analyse approfondie des causes des découvertes faites en 2016 sur certains crayons combustibles a été achevée. L’exploitante a mis en œuvre les mesures d’exploitation correspondantes et utilise depuis un autre type de combustible. En 2019, l’IFSN a autorisé le retour à la pleine charge et a déclassé l’évaluation des découvertes de 2016 du niveau INES-1 au niveau INES-0.
  • Gösgen: La révision annuelle portait essentiellement sur les inspections de deux réservoirs d'injection ainsi que sur la révision d’une pompe d’eau d’alimentation et d’une pompe du condensat principal. La majorité des conduites de mesures dans la partie de l’eau d'alimentation a été remplacée, de même qu’un grand nombre de convertisseurs de mesure dans l’espace annulaire du bâtiment réacteur. Par ailleurs, des travaux ont permis d'améliorer le comportement aux vibrations sur une conduite basse pression du groupe turbo-alternateur.
  • Beznau 1 et 2: En 2019, les travaux destinés à améliorer la résistance des différents composants des installations en cas de séisme (notamment la piscine de désactivation du combustible et le système d’eau de refroidissement) ont été poursuivis. D’autres projets toujours en cours concernaient les travaux préparatoires en vue de la désaffectation à venir des deux réacteurs, l’approvisionnement électrique des pompes d’eau de refroidissement, des extensions sur les groupes diesel de secours, des installations en vue de justificatifs d’étanchéité ainsi que l’actualisation/l’établissement de justificatifs sismiques. Par ailleurs, des recombinateurs d’hydrogène supplémentaires ainsi qu’un nouveau système de commande de détection incendie ont été montés dans l’installation.
  • Mühleberg: Comme prévu, durant son dernier cycle d’exploitation – qui avait commencé après la révision annuelle de l'été 2018 – la centrale nucléaire de Mühleberg n'a été soumise à aucune révision annuelle. Le 20 décembre 2019 à 12h30, le réacteur a cessé son fonctionnement de puissance, après 47 années d’exploitation. Les travaux de démantèlement ont été lancés le 6 janvier 2020.

Un lieu de travail et de rencontre attrayant

À la fin de l’année 2019, les centrales nucléaires suisses employaient 1947 collaborateurs (2018: 1843) correspondant à 1900 emplois à temps plein. Parmi eux, 51 étaient des jeunes en formation, notamment automaticiens, électroniciens, polymécaniciens, employés de commerce, informaticiens, laborantins, et logisticiens. En outre, huit collaborateurs de la centrale nucléaire de Mühleberg ont achevé une formation dans le domaine de la radioprotection. Quelque 28’000 personnes (2018: 30’500 personnes) se sont rendues dans une centrale nucléaire suisse en 2019, que cela soit pour une visite d’exposition, une visite de l’installation, une formation continue ou une manifestation publique.

Chiffres de production des centrales nucléaires 2019 en détail (y c. fourniture de chaleur)

 

MWh bruts

MWh nets

Disponibilité en %

 

2019

2018

2019

2018

2019

2018

Beznau 1

2'974'710

2'588'023

2'834'205

2'459'951

89,6

78,7

Beznau 2

2'946'376

3'185'534

2'805'755

3'032'646

88,9

96,4

Mühleberg

3'208'590

3'066'170

3'093'176

2'953'653

100%*

92,8

Gösgen

8'240'707

8'680'941

7'820'213

8'246'753

89,4

94,1

Leibstadt

9'256'478

8'205'724

8'819'578

7'799'180

89

87,4

Total CH

26'62'6861

25'726'392

25'372'927

24'492'183

90,8

89,9

*Calcul jusqu’à l’interruption du fonctionnement de puissance le 20.12.2019

Pour de plus amples renseignements: Communication swissnuclear, tél. 062 205 20 18, medien@swissnuclear.ch.

swissnuclear est l’association professionnelle des exploitants des centrales nucléaires suisses Axpo Power AG, BKW Energie SA, Centrale Nucléaire de Leibstadt SA et Kernkraftwerk Gösgen-Däniken AG. Elle représente les intérêts communs de ces dernières vis-à-vis du grand public, de la sphère politique et de l’administration. swissnuclear soutient les installations nucléaires dans le cadre d’une exploitation sûre et durable, mais aussi au cours des phases suivantes du cycle de vie. Par ailleurs, elle s’engage pour l’optimisation des conditions-cadres internes et externes. Les entreprises membres de swissnuclear exploitent les centrales nucléaires suisses de Beznau, Gösgen, Leibstadt et Mühleberg, qui produisent environ 35% de l’électricité nationale.

16. décembre 2019

Arrêt de la centrale de Mühleberg: Une perte pour la Suisse

La centrale nucléaire de Mühleberg cessera définitivement son fonctionnement de puissance le 20 décembre 2019. Après 47 années d’exploitation, elle sera la première centrale nucléaire suisse à être déconnectée du réseau. Il s’agit d’une perte majeure pour l’approvisionnement électrique de notre pays – notamment en hiver, et alors que la protection du climat est sur toutes les lèvres.

La mise à l’arrêt définitif de la centrale nucléaire de Mühleberg (KKM) est en préparation depuis fin 2013. L'échéance approche, l’installation sera déconnectée du réseau le 20 décembre 2019. Durant 47 ans, la KKM a produit de l’électricité de manière fiable et quasiment sans incident, affichant une disponibilité très élevée de 90 pour cent. Tout comme les autres installations nucléaires suisses, elle a fait l’objet de travaux de modernisation et de rééquipement continus. Elle sera donc mise hors service lors de sa 47e année de fonctionnement, alors qu’elle répond aux standards de sécurité les plus élevés. La Suisse doit désormais procéder au tout premier démantèlement de son histoire, et elle devra pour cela relever de nombreux défis. swissnuclear a toute confiance dans le fait que BKW parviendra à mener à bien ce projet.

Moins de courant indigène

Cette année, la KKM a produit environ 3 000 000 000 de kilowattheures (kWh) d’électricité: soit env. 5 pour cent de la consommation finale suisse: Cela correspond à la consommation moyenne de 700 000 ménages de quatre personnes durant un an. En hiver, lorsque la production d’électricité est basse, la production nucléaire, stable, représente souvent plus de 40 pour cent de la production d'électricité indigène. Ainsi, l'électricité produite à Mühleberg contribuait de manière décisive à la sécurité de notre approvisionnement électrique, en particulier en hiver et pour la Suisse romande et le canton de Berne.

Augmentation des importations, et des risques

Sans la KKM, la dépendance de la Suisse vis-à-vis des importations d'électricité de l'étranger augmentera, de même que toutes les incertitudes associées. Pour le moment, l’électricité produite à Mühleberg ne peut être intégralement remplacée par le courant renouvelable produit en Suisse. Des importations supplémentaires seront nécessaires, en particulier en hiver, alors que la Suisse est déjà tributaire de quantités importantes de courant importé. Mais le déclin de la capacité d’exportation de l’Allemagne en raison de sa sortie du charbon et du nucléaire pourrait bien mettre en péril ces importations. Il nous faudra par ailleurs adapter notre infrastructure de réseau régionale. Cela est associé à certains défis, comme le montrent les discussions sur l’augmentation de la tension de la ligne Mühleberg-Bassecourt.

La Suisse perd une partie de son électricité respectueuse du climat.

Le courant que nous importerons ne sera pas autant respectueux du climat que celui qui était produit à Mühleberg. À elle seule, la «petite» centrale nucléaire de Mühleberg a permis d'éviter plus de 50 millions de tonnes d'émissions de CO2 par rapport à une centrale à gaz à cycle combiné moderne. Cela correspond à peu près aux émissions annuelles de CO2 de l’ensemble de la Suisse. Et si, en 1972, nous avions construit une centrale au charbon à la place de la KKM, nous aurions même émis près de 130 millions de tonnes de CO2 supplémentaires – sans parler des quantités colossales de polluants atmosphériques. Ainsi, en arrêtant la centrale nucléaire de Mühleberg, la Suisse abandonne une partie son courant propre. Or dans le contexte de la décarbonisation actuelle de notre système énergétique, ce courant propre est non seulement précieux mais aussi indispensable.

Pour de plus amples renseignements: Communication swissnuclear, tél. 062 205 20 18, medien@swissnuclear.ch.

06. novembre 2019

Révision de l’ordonnance sur le fonds de désaffectation et sur le fonds de gestion (OFDG): Des préjudices majeurs pour l’économie et la société – une limitation injustifiée des droits de propriété

En approuvant la révision de l’ordonnance sur le fonds de désaffectation et sur le fonds de gestion (OFDG), le Conseil fédéral impose des coûts supplémentaires injustifiés à hauteur de plusieurs milliards de francs aux exploitants nucléaires. En outre, l'interdiction de restitution des moyens excédentaires présents dans les fonds dépossède ces derniers, et ce par ordonnance. À cela s’ajoute le fait que la révision marginalise leur participation aux instances des fonds. Ces modifications créent un déséquilibre manifeste entre les droits et les obligations des exploitants. Ces renforcements massifs sapent la confiance dans la sécurité juridique et la sécurité des investissements. Ils doivent être rejetés, dans l’intérêt de l’ensemble de l’économie. Les exploitants se réservent le droit d’intenter une action juridique.

En dépit des nombreuses réponses s’opposant au texte initial de révision de l’ordonnance sur le fonds de désaffectation et sur le fonds de gestion (OFDG), recueillies lors de la consultation, le Conseil fédéral a malgré tout décidé de maintenir ses propositions de modification. swissnuclear a pris connaissance, avec regret, de cette décision. Certains éléments majeurs de la révision conduiront à un renforcement considérable, inutile, des conditions-cadres d’exploitation des centrales nucléaires suisses, celles-là même qui apportent une contribution précieuse à l’approvisionnement électrique de notre pays. Pour l’association professionnelle des exploitants des centrales nucléaires suisses, il n’y a bien que la suppression du supplément de sécurité forfaitaire de 30 pour cent qui mérite d’être saluée.

Des milliards de francs en moins pour investir dans l’avenir énergétique

L’abaissement du rendement réel (rendement du capital moins renchérissement) de 2 à 1,6 pour cent, à la fois pour le fonds de désaffectation et pour le fonds de gestion, n’est ni compréhensible ni justifié: les rendements réels moyens des deux fonds se situent bien au-dessus des 2 pour cent, et ce depuis leur création et en dépit des crises économiques (fin 2018: fonds de désaffectation: 3,78 pour cent, fonds de gestion: 2,94 pour cent). Alors que 2018 a été une année boursière particulièrement difficile, le rendement du capital des deux fonds s’est à nouveau établi au-dessus de 8 pour cent dès le premier semestre 2019. Par ailleurs, les deux fonds tiennent leur cap puisque fin 2018, ils affichaient à eux deux une fortune d’environ 150 millions de francs au-dessus des prescriptions actuelles.

La baisse du rendement réel entraîne une augmentation massive des contributions versées par les exploitants, sans que cela ne contribue de manière significative à la stabilité de la structure du financement. La somme en question s’élève à 900 millions de francs – des moyens qui auraient pu être investis pour la transformation du système énergétique dans le cadre de la Stratégie énergétique 2050.

L’interdiction de restitution dépossède les exploitants de leur propre argent

La révision prévoit également une interdiction de remboursement des moyens excédentaires présents dans les fonds, et ce jusqu’au décompte final, c’est-à-dire jusqu’à la fermeture du dépôt en couches géologiques profondes. Or l’abaissement du rendement réel à 1,6 pour cent oblige déjà les exploitants à placer de l’argent en réserve dans les fonds, sans motif valable. Ces moyens excédentaires continueront à s’accumuler en raison de l’interdiction de restitution et des effets des intérêts. Plusieurs milliards de francs pourraient ainsi être bloqués dans les fonds durant plus d’un siècle.

Ainsi, l’interdiction de remboursement porte atteinte aux droits de propriété. Les entreprises sont de facto dépossédées, et ce par ordonnance. Cela est hautement problématique à la fois sur un plan réglementaire et politique.

Assumer ses responsabilités sans pouvoir participer?

Les exploitants nucléaires suisses doivent, aux côtés de la population, relever le défi de la transformation de l’économie électrique suisse dans le cadre de la Stratégie énergétique 2050. Durant cette phase de transition, l’énergie nucléaire fournit la charge de base, indispensable. Elle contribue de manière essentielle à la sécurité d'approvisionnement demandée par la population et l’économie. Par ailleurs, les adaptations de l’OFDG génèrent des dissymétries choquantes entre les droits et les obligations des exploitants. Ce déséquilibre est visible également dans la réduction du nombre de sièges détenus par les exploitants au sein des instances des fonds, alors même que l’argent placé dans les fonds leur appartient. La participation des exploitants est ainsi marginalisée de manière injustifiée, et entraînera inévitablement une perte de compétences.

Un préjudice pour l’ensemble de l’économie suisse

La révision qui vient d’être adoptée ne portera pas préjudice uniquement au système énergétique global, mais aussi à l’ensemble de la société. Le nouveau durcissement des conditions-cadres, qui porte massivement atteinte à la liberté économique et à la sécurité juridique, instaure un climat défavorable pour les investissements. La révision est donc non seulement contre-productive mais aussi néfaste pour l’ensemble de l’économie. Et elle n’aura pas des effets uniquement sur la place industrielle suisse, mais également sur toute la population suisse.

Pour de plus amples renseignements: medien@swissnuclear.ch, tél. 062 205 20 18

 

swissnuclear est l’association professionnelle des exploitants des centrales nucléaires suisses Axpo Power AG, BKW Energie SA, Centrale Nucléaire de Leibstadt SA et Kernkraftwerk Gösgen-Däniken AG. Elle représente les intérêts communs de ces dernières vis-à-vis du grand public, de la sphère politique et de l’administration. swissnuclear soutient les installations nucléaires dans le cadre d’une exploitation sûre et durable, mais aussi au cours des phases suivantes du cycle de vie. Par ailleurs, elle s’engage pour l’optimisation des conditions-cadres internes et externes. Les entreprises membres de swissnuclear exploitent les centrales nucléaires suisses de Beznau, Gösgen, Leibstadt et Mühleberg, qui produisent environ 35% de l’électricité nationale.

 

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